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Earn-out et complément de prix dans les acquisitions au Maroc

Rédigé par AvocAffaire Editorial Team
Mis à jour le 5 septembre 2026
Earn-out et complément de prix conditionnel dans les acquisitions au Maroc

En bref

Un earn-out (complément de prix) est une composante conditionnelle du prix d'acquisition : une partie du prix d'une société marocaine devient payable au vendeur après le closing, pour un montant ou un droit qui dépend de la performance future de la cible (par exemple chiffre d'affaires ou EBITDA futur) ou d'un événement futur convenu, calculé par une formule sur une période de mesure. Le droit marocain n'organise pas de régime légal autonome de l'earn-out ; le mécanisme est contractuel, fondé sur la liberté contractuelle (Dahir des obligations et des contrats, article 230). Deux points de droit marocain le façonnent. D'abord la déterminabilité du prix : selon l'article 487, le prix d'une vente doit être déterminé, et sa détermination ne peut être rapportée à un tiers sauf si le prix était connu des parties — un earn-out ne vaut donc comme prix déterminable que si le contrat fixe une méthode objective (indicateur, règles comptables, période, chiffres de référence) produisant le montant sans nouvel accord et sans le laisser à la discrétion d'une partie ; tout expert applique cette méthode convenue plutôt que de fixer librement le prix (ce n'est pas la règle française). Ensuite la limite de la condition potestative : l'article 112 rend nulle l'obligation dont l'existence même dépend de la nue volonté de l'obligé — l'earn-out doit donc reposer sur une performance objective, sans que l'acquéreur puisse décider à sa guise s'il paie ; le contrôle ordinaire de l'activité après le closing n'est pas, en soi, une telle condition de nue volonté. L'article 231 impose l'exécution de bonne foi, mais ce n'est pas une obligation de maximiser l'earn-out du vendeur ; les protections opérationnelles que le vendeur souhaite sont des engagements négociés. Un earn-out n'est pas un prix différé fixe payé plus tard, ni un ajustement par comptes de réalisation à la position au closing, ni une indemnité, ni une rémunération pour la gestion continue du vendeur. Les earn-out sur EBITDA sont particulièrement sources de litiges parce que le chiffre dépend des méthodes comptables et de la normalisation, si bien que le contrat doit définir la méthodologie ; le droit marocain et les IFRS/CGNC ne la définissent pas à la place des parties. Ce guide est informatif, ne fournit aucun modèle et ne décrit aucun service.

Un earn-out — ou complément de prix — fait dépendre une partie du prix d'acquisition de la performance future de la société cible, ou d'un événement postérieur au closing, au lieu de fixer tout le prix à la signature. Ce guide informatif explique l'earn-out dans une acquisition au Maroc : ce qu'il est ; comment le droit des contrats marocain traite une composante de prix seulement déterminable plus tard (le prix doit être déterminé ou déterminable au sens du Dahir des obligations et des contrats, et sa détermination ne peut être laissée à la seule discrétion d'une partie) ; pourquoi un paiement que l'acquéreur pourrait écarter à sa guise risque d'être traité comme une obligation purement potestative — donc nulle — au sens de l'article 112 ; comment choisir et définir des indicateurs comme le chiffre d'affaires ou l'EBITDA ; pourquoi le contrôle de la société par l'acquéreur après le closing crée la tension centrale de rédaction ; comment le calcul, les objections et une éventuelle expertise comptable peuvent s'organiser ; et où se concentrent les litiges. Il tient des frontières fermes : un earn-out n'est ni un prix différé fixe, ni un ajustement par comptes de réalisation, ni une indemnité, ni une rémunération de dirigeant. Il ne donne aucun taux fiscal et ne fournit aucun modèle.

En bref : ce qu'est un earn-out et ce qu'il n'est pas

Un earn-out est une manière de ne pas fixer tout le prix à la signature. Plutôt que de convenir d'un chiffre unique, les parties conviennent qu'une partie du prix de la société marocaine devient payable au vendeur après le closing, pour un montant — ou un droit — qui dépend de la performance de l'activité sur une période définie, ou d'un événement futur convenu. L'acquéreur paie un montant ferme aujourd'hui et un montant conditionnel plus tard, si et dans la mesure où la performance convenue est atteinte. Son objet habituel est de combler un écart de valorisation : le vendeur croit à la performance, l'acquéreur n'en est pas encore convaincu, et l'earn-out laisse l'avenir trancher.

En droit marocain, le mécanisme est d'abord contractuel. Il n'existe pas de régime légal autonome de l'earn-out ; ce qui le fait fonctionner, c'est la liberté des parties de le convenir, lue à l'aune des règles générales du Dahir des obligations et des contrats (DOC). Deux de ces règles reviennent constamment : le prix doit être déterminé ou au moins déterminable par une méthode objective, et une obligation ne peut dépendre de la nue volonté de celui qui s'oblige. Les deux pointent dans le même sens — le montant conditionnel doit être fixé par une formule objective, non par le libre choix de l'acquéreur.

Avant d'aller plus loin, il faut distinguer l'earn-out de trois notions avec lesquelles on le confond souvent, chacune traitée ci-dessous. Ce n'est pas un prix différé fixe (un montant déjà arrêté, simplement payé plus tard). Ce n'est pas un ajustement par comptes de réalisation, qui recalcule le prix par rapport à la situation financière de la société au closing, non à sa performance future. Et ce n'est pas une indemnité, qui répartit une perte au lieu de payer un prix. Ce guide est informatif, ne fournit aucun modèle et ne décrit aucun service.

Un earn-out est-il possible en droit marocain ?

Oui, en tant que contrat, sous réserve de la rédaction. Le droit marocain ne définit, n'exige ni ne réglemente spécialement les earn-out, mais il permet aux parties de structurer librement le prix : selon l'article 230 du DOC, les obligations valablement formées tiennent lieu de loi entre les parties. Un earn-out est l'un de ces termes librement convenus. Le dire n'est cependant qu'un début : parce qu'il est une création contractuelle, un earn-out ne vaut que ce que vaut la rédaction qui lui donne effet, et le droit marocain pose des limites contre lesquelles un earn-out mal conçu peut buter.

Les deux limites à poser d'emblée sont celles auxquelles ce guide revient sans cesse. La première concerne le prix : la vente en droit marocain exige un prix déterminé ou déterminable, ce qui commande la validité d'un montant futur fondé sur une formule. La seconde concerne l'obligation de payer : une obligation dont l'existence est laissée à la nue volonté du débiteur est nulle, ce qui commande jusqu'où la discrétion de l'acquéreur après le closing peut toucher au paiement. Aucune de ces limites n'interdit les earn-out ; toutes deux façonnent la manière de les bâtir.

Il faut aussi être honnête sur la fréquence. Les éléments propres au Maroc sur la fréquence des earn-out dans les opérations marocaines sont rares, et ce guide ne prétend pas qu'ils y sont standards ou courants. Ce que l'on peut dire, c'est qu'ils sont un outil bien établi de la pratique M&A internationale, qu'une acquisition régie par le droit marocain peut en adopter un, et que la question de savoir si un earn-out convient à une opération donnée est commerciale et rédactionnelle, non une exigence du droit marocain.

Earn-out et déterminabilité du prix (article 487)

C'est la première question juridique centrale, et elle est plus subtile qu'il n'y paraît. L'article 487 du DOC dispose que le prix de la vente doit être déterminé ; que sa détermination ne peut être rapportée à un tiers, ni l'achat se faire au prix payé par un tiers, à moins que le prix ne fût connu des contractants ; tout en admettant la référence à une mesure objective externe comme une mercuriale, un tarif déterminé ou la moyenne des prix du marché. La lecture établie est que le prix n'a pas à être un chiffre figé à la signature dès lors qu'il est déterminable — susceptible d'être fixé plus tard par application d'une base objective convenue, sans nouvel accord des parties.

Un earn-out n'entre dans ce cadre que s'il est bâti comme un prix déterminable. L'approche contractuelle la plus sûre est de préciser une méthode objective — l'indicateur, les règles comptables pour le mesurer, la période et les chiffres de référence — pour que le montant conditionnel se calcule mécaniquement une fois les faits futurs connus. Là où le contrat le fait, le montant ultérieur est déterminable, non indéterminé. Là où il laisse au contraire le montant à convenir plus tard, ou au jugement d'une partie, il crée un risque réel que la composante de prix ne soit pas valablement déterminée.

Cinq situations faciles à confondre doivent être distinguées, car elles ne se valent pas. Un montant futur calculé mécaniquement selon une formule convenue est déterminable. Un montant futur qui dépend d'une performance ou d'événements objectifs, mesurés selon des règles convenues, est déterminable. Un tiers qui calcule le montant en appliquant une méthodologie déjà convenue applique une base objective. Mais un tiers qui décide librement quel doit être le prix, et un acquéreur doté d'une discrétion illimitée sur le fait ou le montant du paiement, sont d'une autre nature — et c'est une erreur de traiter la règle française qui laisse un tiers fixer le prix comme si elle énonçait le droit marocain. Selon l'article 487, la détermination n'est pas simplement remise à un tiers ; elle repose sur la base objective convenue par les parties.

Le risque de laisser le paiement à la volonté de l'acquéreur (article 112)

La seconde question juridique centrale concerne l'obligation de payer. L'article 112 du DOC dispose que l'obligation est nulle lorsque l'existence même du lien dépend de la nue volonté de l'obligé (condition purement potestative). L'expression à retenir est nue volonté : le vice est une obligation dont le débiteur peut simplement choisir de faire naître l'existence ou non, non toute obligation qu'une partie peut influencer.

La portée pour les earn-out est réelle mais ne doit pas être exagérée. Après le closing, l'acquéreur contrôle la cible et peut influencer la performance même que l'earn-out mesure — de sorte qu'une clause qui, en substance, laisserait l'acquéreur décider à sa guise si l'earn-out est jamais payable tendrait vers le problème de l'article 112. C'est toutefois différent de la situation ordinaire où l'acquéreur gère normalement l'activité et où l'earn-out repose sur des résultats objectifs. Il est erroné de dire que, parce que l'acquéreur contrôle la société, un earn-out est nul faute d'engagements de protection ; le contrôle ordinaire après le closing n'est pas, en soi, une condition de nue volonté. Le point est plus étroit : le paiement doit être rattaché à un résultat objectif, pour que le fait qu'il soit dû ne relève pas de la seule volonté incontrôlée de l'acquéreur.

Vus ainsi, les engagements opérationnels que négocie le vendeur remplissent deux fonctions à la fois. Commercialement, ils empêchent l'acquéreur de déprimer l'indicateur. Juridiquement, en rattachant le paiement à une performance objective plutôt qu'à la discrétion de l'acquéreur, ils aident à tenir l'earn-out à l'écart du risque de condition potestative. C'est une raison de les concevoir avec soin — mais ils demeurent des garde-fous contractuels négociés, non des règles que le droit marocain fournit de lui-même.

Earn-out et prix différé fixe

Un paiement effectué plus tard n'est pas nécessairement un earn-out. Le prix différé fixe est un montant déjà arrêté, ou déterminable indépendamment de la performance future de l'activité, simplement payé plus tard — en échéances, ou comme une retenue libérée à une date ou sur une condition de routine. Le vendeur sait, en substance, ce qui lui est dû ; seul le calendrier est différé. Il n'y a rien de conditionnel dans la somme au sens qui importe ici.

Un earn-out est différent : le droit du vendeur ou son montant dépend de résultats ou d'événements futurs convenus, et est réellement incertain à la signature. Le critère distinctif est de savoir si le chiffre est aléatoire — lié à une performance qui n'a pas encore eu lieu — plutôt que simplement payé à une date ultérieure. Une même opération peut évidemment combiner les deux : une échéance différée fixe plus un earn-out conditionnel distinct. Mais les confondre est une véritable erreur, car ils se comportent différemment pour la validité, pour l'analyse de déterminabilité ci-dessus, et souvent pour la qualification fiscale.

Earn-out et comptes de réalisation

Comptes de réalisation et earn-out font tous deux dépendre le prix final de chiffres établis après la signature, d'où la confusion — mais ils regardent des moments différents. Un ajustement par comptes de réalisation recalcule le prix par rapport à la situation financière de la cible au closing ou aux alentours — sa trésorerie, sa dette et son besoin en fonds de roulement réels ce jour-là — et règle une tolérance peu après. Un earn-out fait dépendre une partie du prix de la performance de l'activité après le closing, sur une période tournée vers l'avenir.

L'un regarde l'instantané du closing ; l'autre regarde vers l'avant. Cette seule différence explique le reste : les comptes de réalisation mesurent une position qui existe déjà au closing, donc se règlent vite ; l'earn-out porte sur une performance qui n'a pas encore eu lieu, donc court sur des mois ou des années et porte la tension du contrôle par l'acquéreur que les comptes de réalisation ignorent. Ce guide ne réexplique ni la dette nette, ni le besoin en fonds de roulement, ni les fuites, ni la date du locked box, ni la tolérance de réalisation — cela relève du guide des mécanismes de prix, et la frontière est délibérée : si le litige porte sur le bilan de closing, c'est une question de comptes de réalisation, non d'earn-out.

Earn-out et indemnité ou garantie

Un earn-out est un prix — une partie de ce que l'acquéreur paie pour les titres. Une indemnité ou une réclamation au titre de la garantie du vendeur va dans le sens inverse : c'est un remède qui reporte une perte ou un passif sur le vendeur. Les deux peuvent se croiser — l'acquéreur peut vouloir compenser une réclamation avec un earn-out qu'il doit encore (voir ci-dessous) — mais ce ne sont pas le même mécanisme, et l'architecture des plafonds, franchises, seuils, notifications et délais relève du guide garantie d'actif et de passif, non d'ici.

Les distinguer importe en rédaction, car un même fait peut ressembler aux deux. Un recul causé par un passif non révélé peut réduire l'earn-out (moins de performance) et fonder aussi une réclamation de garantie (violation d'une déclaration). Savoir si l'un, l'autre ou les deux s'appliquent, et si la récupération au titre de l'un exclut celle au titre de l'autre, est une question que l'accord doit trancher délibérément — précisément pour que la même perte économique ne soit pas à la fois déduite du prix et compensée séparément.

Quand recourir à un earn-out, et à qui il convient

Un earn-out est avant tout une manière de combler un écart d'attentes sur l'avenir. Là où le vendeur valorise l'activité sur des projections optimistes et où l'acquéreur ne veut payer que des résultats qu'il constate, l'earn-out permet de s'accorder maintenant et de laisser la performance trancher plus tard. Il est fréquent lorsque une grande part de la valeur réside dans la croissance future, dans l'implication continue d'un fondateur, dans un pipeline non encore converti, ou dans un jalon — une licence, une autorisation, un contrat — non encore atteint.

Les intérêts jouent dans les deux sens, d'où l'âpreté de la rédaction. Le vendeur obtient une valeur affichée plus élevée et la chance d'être payé pour le potentiel, mais prend le risque que la gestion de l'acquéreur, ou la simple malchance, déprime le chiffre ; il immobilise aussi une partie du prix et de sa certitude. L'acquéreur diffère une partie du coût, ne paie que la performance qui se réalise, et maintient la motivation du vendeur — mais accepte des contraintes sur la manière de gérer sa propre société pendant la période, et la perspective d'un litige au terme. Aucune partie n'obtient le mécanisme entièrement à ses conditions, et un earn-out praticable est un équilibre négocié, non un formulaire type.

Choisir l'indicateur de performance

Tout, dans un earn-out, dépend de ce qui est mesuré. Les indicateurs financiers courants sont le chiffre d'affaires, l'EBITDA ou un autre solde de résultat tel que l'EBIT, la marge brute ou le résultat net ; les opérations utilisent aussi des indicateurs non financiers ou des jalons — unités ou volumes vendus, clients ou contrats gagnés, ou un événement commercial ou réglementaire défini. Chaque choix arbitre entre la fidélité de l'indicateur à la valeur réelle et la facilité avec laquelle on peut le contester ou l'influencer.

La tendance générale est que plus l'indicateur se situe haut dans le compte de résultat, plus il est simple et difficile à manipuler, mais moins il reflète la qualité des résultats. Le chiffre d'affaires est simple mais ignore le coût et la marge ; les soldes de résultat captent la valeur mais ouvrent la porte aux litiges comptables et d'allocation ; les jalons sont objectifs mais binaires. Aucun indicateur n'est universellement le meilleur, et aucun ne doit être présenté comme juridiquement préférable — le bon choix dépend de l'activité, de l'endroit où se situe réellement le désaccord des parties sur l'avenir, et de la confiance de chacun dans la possibilité de le mesurer proprement.

Earn-out fondé sur le chiffre d'affaires

Un earn-out fondé sur le chiffre d'affaires rattache le paiement conditionnel aux ventes de la cible sur la période. Son attrait est la simplicité : le chiffre d'affaires se situe près du haut des comptes, comporte moins d'ajustements subjectifs que le résultat, et est généralement plus facile à suivre pour les deux parties. Pour un vendeur inquiet de la discrétion comptable, cette objectivité relative est attrayante.

La contrepartie est que le chiffre d'affaires peut être gonflé de façons qui ne créent pas de valeur réelle, si bien qu'un indicateur de chiffre d'affaires appelle ses propres protections : contre le bourrage de canal ou l'avancement des ventes, les remises pour gonfler le haut de bilan, la redirection de clients vers d'autres entités du groupe de l'acquéreur, les ventes avec parties liées à des prix hors marché, la comptabilisation agressive du produit, ou l'enregistrement de ventes à marge faible ou négative pour atteindre le chiffre. Le chiffre d'affaires est plus simple, non plus sûr, et il n'est pas juridiquement préférable — il déplace simplement le débat de la façon de calculer le résultat vers la façon dont les ventes ont été générées et comptabilisées.

Earn-out fondé sur l'EBITDA ou le résultat

Les earn-out sur EBITDA sont fréquents parce que l'EBITDA suit la valeur d'exploitation de plus près que le chiffre d'affaires, mais ils sont les plus sources de litiges, et il vaut la peine de dire pourquoi. Le chiffre final peut dépendre d'une longue liste d'appréciations : les méthodes comptables appliquées, le traitement des éléments exceptionnels ou non récurrents, ce qui est normalisé, l'allocation des frais centraux ou de groupe, le traitement des coûts d'intégration et des synergies, l'effet d'acquisitions ou de cessions pendant la période, l'immobilisation ou la passation en charges des dépenses, et le prix des charges intra-groupe ou avec parties liées. Modifiez l'un de ces éléments et l'EBITDA suit.

Le point essentiel est que rien de cela n'est réglé pour les parties par la loi ou par une norme comptable. Le droit marocain ne fournit pas de définition contractuelle universelle de l'EBITDA pour les earn-out, et ni les IFRS ni le référentiel comptable marocain ne fixent automatiquement l'indicateur d'earn-out — ce sont des règles d'information financière, non la formule de prix des parties. Si l'EBITDA est l'indicateur, le contrat doit le définir : les ajustements précis, les méthodes à appliquer, et la manière de traiter les sources récurrentes de litige ci-dessus. Un earn-out sur EBITDA à définition mince est un litige en préparation.

La période de mesure

La période sur laquelle la performance est mesurée doit être fixée avec précision, car elle définit la fenêtre où tout se joue — le potentiel du vendeur, les contraintes de l'acquéreur, et la marge de manipulation des deux côtés. L'accord doit fixer les dates de début et de fin, s'il y a une période unique ou plusieurs, et, s'il y en a plusieurs, si chacune est mesurée seule ou cumulativement, avec tout report en avant ou en arrière de sur- ou sous-performance explicité.

La durée est un véritable arbitrage. Une période courte donne au vendeur une certitude plus rapide et limite le temps où l'activité doit être gérée sous contraintes d'earn-out, mais peut être trop brève pour que la valeur escomptée apparaisse ; une période plus longue capte davantage de cette valeur mais prolonge la tension du contrôle par l'acquéreur et le risque d'événements intercalaires — un recul, une restructuration, un changement de cap — qui compliquent la mesure. Tout plafond ou plancher sur le montant de l'earn-out relève aussi d'ici, comme économie propre de l'earn-out ; ce n'est pas la même chose que les plafonds et franchises qui limitent la responsabilité au titre de la garantie du vendeur.

Règles comptables et de calcul

Parce qu'un earn-out à indicateur financier ne vaut que ce que valent les règles pour le calculer, les accords posent d'ordinaire une hiérarchie d'établissement du chiffre : d'abord les définitions spécifiques inscrites au contrat pour l'earn-out ; puis les principes comptables propres à l'earn-out que les parties ont convenus ; puis les méthodes comptables de référence ou historiques de l'activité, appliquées avec constance ; et, seulement ensuite, les normes comptables applicables. L'objectif est d'empêcher que celui qui prépare change la réponse en changeant la méthode. C'est la même logique que celle développée par le guide des mécanismes de prix pour les comptes de réalisation, et elle n'est pas reprise en détail ici.

Deux réserves préservent l'exactitude. La hiérarchie est une technique de rédaction, non une règle imposée par le droit marocain ; son utilité vient entièrement de sa précision, et une hiérarchie vague ne fait que déplacer le débat vers ce que signifie la constance. Et le référentiel comptable en arrière-plan — normes marocaines, ou IFRS au niveau groupe — gouverne la façon dont la société rend compte, non ce que les parties se doivent au titre de l'earn-out. C'est le contrat, non la norme, qui décide comment le chiffre de l'earn-out est bâti.

Le contrôle de l'activité par l'acquéreur après le closing

C'est le cœur structurel du sujet. Après le closing, l'acquéreur possède et gère la société, alors que le vendeur peut encore dépendre des résultats de cette même société pour une partie du prix. Les décisions ordinaires de l'acquéreur — comment investir, qui employer, comment allouer les coûts de groupe, intégrer ou restructurer — peuvent déplacer l'indicateur, parfois nettement, sans aucune mauvaise foi. L'earn-out doit donc dire quelque chose sur la manière dont la conduite de l'acquéreur pendant la période affecte le paiement.

Les actions qui appellent le plus souvent un traitement sont connues : arrêter ou mettre en sommeil l'activité concernée, détourner le chiffre d'affaires ou les clients vers d'autres entités du groupe, décaler artificiellement ventes ou coûts entre périodes, charger l'activité de frais de groupe ou de parties liées, changer les méthodes comptables, et restructurer, intégrer, acquérir ou céder des parties de l'activité de façons qui faussent l'indicateur. Le droit marocain n'interdit pas automatiquement ces choix commerciaux ordinaires — l'acquéreur est en droit de gérer sa propre société — ce qui est précisément pourquoi, si le vendeur veut s'en protéger, l'accord doit le prévoir expressément.

Les engagements de protection du vendeur

Les engagements de protection du vendeur sont la réponse négociée au contrôle de l'acquéreur, et il faut les comprendre comme des garde-fous contractuels, non des règles par défaut. Les notions courantes incluent l'obligation de gérer l'activité dans le cours normal pendant la période ; de ne pas détourner délibérément chiffre d'affaires, clients ou opportunités ; de ne pas accélérer ou différer artificiellement produits et charges ; de maintenir des méthodes comptables cohérentes avec la base de référence ; de maintenir les frais de groupe ou de parties liées à des conditions de pleine concurrence ; et de donner au vendeur des droits d'information définis, parfois de consultation, sur les décisions qui pèsent sur l'indicateur. Le traitement spécifique de l'intégration, de la restructuration et des opérations exceptionnelles y figure souvent aussi.

Ce que ces engagements ne doivent pas faire, c'est déborder vers une proposition que le droit marocain ne soutient pas. Il n'existe pas de règle par défaut selon laquelle l'acquéreur devrait gérer l'activité de façon à maximiser l'earn-out du vendeur ; l'acquéreur conserve une réelle liberté de gérer sa société, et l'exigence d'exécution de bonne foi de l'article 231 garantit l'exécution honnête de ce qui a été convenu, non un devoir d'optimiser le résultat du vendeur. L'objectif réaliste de ces engagements est d'empêcher la destruction délibérée ou artificielle de l'indicateur et de maintenir l'earn-out ancré à une performance objective — non de figer l'activité ou de garantir un résultat.

Droits d'information et d'accès

Un earn-out que le vendeur ne peut pas voir est un earn-out qu'il ne peut pas vérifier, si bien que l'accord donne d'ordinaire au vendeur l'accès aux registres qui sous-tendent l'indicateur : les états financiers pertinents, le calcul lui-même, les papiers de travail, et les livres sous-jacents dans la mesure nécessaire pour les tester. Sans un certain accès, le vendeur n'a aucun moyen pratique de savoir si le calcul est juste, et les litiges deviennent plus difficiles à résoudre.

Mais il n'existe pas de droit d'information universel et automatique du vendeur à faire valoir — l'étendue est celle que le contrat accorde, et elle doit être définie plutôt que présumée. Elle est aussi bornée par des limites légitimes : la confidentialité et les secrets d'affaires de la cible, les intérêts d'un groupe acquéreur plus large, et la simple proportionnalité, un vendeur à participation conditionnelle modeste n'ayant pas droit à un accès illimité aux affaires de l'acquéreur. La position praticable est un droit défini à l'information réellement nécessaire pour vérifier l'earn-out, encadré par une confidentialité appropriée — sujet que ce guide signale plutôt qu'il ne le développe.

Calcul, objections et expertise

La fin de la période déclenche un processus que l'accord devrait cartographier à l'avance. Conceptuellement : la période se clôt ; la partie responsable (généralement l'acquéreur) établit un état de calcul montrant comment l'indicateur et le montant en résultant ont été calculés ; le vendeur reçoit cet état avec l'information de support et dispose d'une fenêtre définie pour le revoir ; les postes qu'il accepte, ou ne conteste pas à temps, deviennent définitifs ; et ce qui demeure contesté suit la voie de règlement convenue avant que le montant final ne devienne payable. C'est une architecture contractuelle, non une procédure imposée par le droit marocain.

Là où les parties recourent à un expert comptable ou financier, la clé est de cantonner sa mission à ce à quoi sert un expert. Les questions d'arithmétique, de classement comptable et d'application de la méthodologie convenue peuvent sensément lui être soumises, sa détermination pouvant être convenue comme définitive sur ces points. Les questions d'une autre nature ne lui reviennent pas naturellement : le sens d'une définition contractuelle, la violation d'un engagement opérationnel par l'acquéreur, l'existence d'un dol, l'étendue des droits contractuels d'une partie, ou le dépassement par l'expert de sa mission. Ce sont des questions juridiques que la clause de règlement des différends peut réserver aux tribunaux ou à l'arbitrage.

Cela doit se concilier avec l'article 487, et le faire garde la section honnête. Un expert qui applique une méthodologie déjà convenue pour calculer le chiffre applique la base objective choisie par les parties — conforme à la déterminabilité. Un expert doté du pouvoir de décider librement quel doit être le prix serait autre chose, et il ne faut pas présumer qu'un expert peut fixer librement le prix, que son autorité est illimitée, ou que sa détermination écarte automatiquement tout contrôle judiciaire. L'expert calcule dans le cadre de sa mission ; la loi ne remet pas le prix à sa discrétion.

Paiement, retenue et compensation

Une fois le montant définitif, l'accord règle le paiement : la date d'exigibilité, la devise et le mode, le paiement de toute part non contestée pendant qu'un solde contesté se résout, et le cours d'éventuels intérêts — ces derniers seulement là où le contrat ou les règles applicables le soutiennent. Ce sont des points mécaniques, mais les laisser vagues est une manière fréquente pour un chiffre arrêté de redevenir un litige sur le quand et le comment du paiement.

Une question récurrente est de savoir si l'acquéreur peut retenir, ou compenser, un earn-out avec une réclamation d'indemnité ou de garantie qu'il prétend détenir. La réponse n'est pas automatique. La disponibilité de la compensation dépend du contrat, de la nature et du statut des créances (une créance contestée n'est pas une créance établie), et des règles marocaines applicables, selon lesquelles la compensation suppose en général des dettes réciproques, liquides et exigibles. L'acquéreur ne peut pas simplement présumer qu'il peut retenir l'earn-out pour toute réclamation invoquée. L'architecture de la créance sous-jacente — comment elle est formée, plafonnée et limitée — relève du guide garantie du vendeur (GAP) ; ici, le point est seulement l'interaction, que l'accord devrait traiter expressément plutôt que de la laisser à la discussion.

Lorsque le vendeur reste dirigeant

Les earn-out vont souvent de pair avec le maintien du vendeur pour gérer l'activité comme dirigeant, salarié ou consultant, et ce chevauchement appelle de la prudence car un même paiement peut porter deux casquettes. Une somme intitulée earn-out est, en principe, une partie du prix d'acquisition des titres ; mais si elle est conçue pour dépendre du maintien en fonctions du vendeur — payable uniquement tant qu'il est en poste, perdue en cas de départ, ou dimensionnée par référence à son rôle plutôt qu'aux titres cédés — elle se met à ressembler à une rémunération de ce service plutôt qu'à un prix pour la société.

Les conséquences de cette qualification peuvent diverger entre l'analyse juridique, le traitement fiscal et le traitement comptable, et elles ne s'aligneront pas toujours. Ce guide ne tire pas de conclusions catégoriques : il est erroné de dire que tout earn-out versé à un vendeur-dirigeant est automatiquement un salaire, tout comme il est erroné de dire qu'il est automatiquement un prix d'acquisition — la réponse dépend de la manière dont le paiement est structuré et conditionné, et peut appeler une analyse juridique, fiscale et comptable distincte. L'enseignement pratique est de rédiger l'earn-out et tout arrangement de service de sorte que chacun soit clairement ce qu'il est censé être, et de traiter la qualification comme une question vivante plutôt qu'une étiquette que les parties peuvent simplement choisir.

Revente ou restructuration pendant la période d'earn-out

Un earn-out suppose que l'activité continuera de fonctionner sous une forme reconnaissable pendant toute la période, et cette hypothèse peut se briser si, avant la fin de la période, l'acquéreur revend la cible, transfère l'activité, la fusionne ou la restructure, ferme la division concernée, ou modifie autrement la structure de propriété. Chacun de ces événements peut rendre l'indicateur convenu difficile ou impossible à mesurer comme prévu, et mettre en péril le paiement conditionnel du vendeur sans faute de performance.

Parce que le droit marocain ne fournit aucune réponse par défaut, l'accord doit le faire. Les contrats traitent cela de diverses façons — accélérer l'earn-out, le réputer atteint (en tout ou partie), exiger d'un successeur qu'il l'assume et le poursuive, prévoir un recalcul, ou prévoir expressément qu'un événement donné ne déclenche aucun ajustement. Aucune n'est un défaut légal ; chacune est un choix négocié. Ce guide ne traite que des conséquences pour la contrepartie conditionnelle ; le droit plus large du changement de contrôle et des consentements de tiers est un sujet distinct et n'est pas développé ici.

D'où viennent les litiges d'earn-out

Les litiges d'earn-out sont assez fréquents, et assez prévisibles, pour que savoir où ils se concentrent soit en soi un outil de conception. Ils naissent d'un ensemble familier de points de tension : l'ambiguïté de la formule ; le désaccord sur ce que couvre la définition d'un indicateur ; les choix de méthodes comptables et la normalisation ; l'allocation des coûts de groupe ou centraux ; l'effet de l'intégration, de la restructuration, ou d'acquisitions et de cessions ; la violation d'un engagement opérationnel par l'acquéreur ; l'étendue des droits d'information du vendeur ; l'atteinte d'un jalon ; les allégations de manipulation délibérée d'un chiffre ; la portée de la mission de l'expert ; et le calendrier, la retenue ou la compensation du paiement.

Le fil conducteur est que la plupart sont des défauts de rédaction avant d'être des litiges juridiques. Des définitions précises, une méthodologie claire, des engagements bien cadrés et une répartition sensée entre questions comptables et juridiques préviennent bien plus d'ennuis qu'aucune clause de litige n'en résout après coup. Ce guide décrit où se situe le risque plutôt qu'il n'affirme comment un tribunal marocain trancherait un cas donné ; il n'invente aucune jurisprudence, et la position honnête est que l'issue d'un litige d'earn-out dépend de l'accord précis et de la loi applicable.

Une check-list pratique de l'earn-out

  • Ce qui déclenche le paiement — la performance ou l'événement dont dépend l'earn-out, énoncé objectivement.
  • Ce qui est mesuré — l'indicateur exact (chiffre d'affaires, EBITDA, un jalon), défini et non seulement nommé.
  • La période — début et fin précis, unique ou multiple, et mesure séparée ou cumulative.
  • La formule — comment l'indicateur se convertit en montant, y compris tout plafond ou plancher comme économie de l'earn-out.
  • Les définitions comptables — les méthodes et ajustements, et la hiérarchie d'établissement du chiffre.
  • Qui calcule, et quelle information de support le vendeur reçoit, dans quel délai.
  • La fenêtre d'objection et ce qui devient définitif à défaut d'objection.
  • La mission de l'expert — quels postes comptables/de calcul lui reviennent, et ce qui reste juridique.
  • Les restrictions d'exploitation de l'acquéreur pendant la période — cours normal, pas de détournement artificiel, méthodes cohérentes, frais de groupe à conditions de pleine concurrence.
  • Ce qui se passe en cas de restructuration, revente ou changement de contrôle pendant la période.
  • Ce qui se passe si le vendeur quitte la direction — et si le paiement est prix ou lié au service.
  • Si la compensation avec des réclamations d'indemnité ou de garantie est permise, et à quelles conditions.
  • La date de paiement, la devise, le traitement des montants non contestés vs contestés, et tout intérêt.
  • Le for des litiges pour les questions juridiques, distinct de la voie de l'expert comptable.

Ce que ce guide ne traite pas

Pour être clair sur les limites : ce guide explique la contrepartie conditionnelle liée à la performance future, non l'opération entière. Il ne reproduit pas le contrat de cession de titres, ne parcourt pas le processus d'acquisition, n'expose pas la méthode d'audit, ne développe pas les déclarations et garanties du vendeur, et ne reconstruit pas le processus du signing au closing.

Il ne redérive pas les mécaniques de locked box et de comptes de réalisation dont le guide des mécanismes de prix est propriétaire, ni l'architecture de responsabilité dont le guide garantie d'actif et de passif est propriétaire. Il ne développe pas le droit général du changement de contrôle et des consentements de tiers, sujet distinct. Il ne donne aucun taux fiscal et ne fait aucun calcul fiscal, et ne présente aucune norme comptable comme si elle fixait la formule contractuelle des parties.

Il ne fournit aucun modèle, clause type ou rédaction, et ne décrit aucun service et ne fait aucune offre. Lorsqu'une question juridique définie appelle une conclusion formelle, cela relève d'un avis juridique de droit marocain, et la question de la loi applicable relève du guide loi applicable au contrat.

Sources

  • Dahir des obligations et des contrats (DOC), article 230 : les obligations valablement formées tiennent lieu de loi entre les parties et ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel ou dans les cas prévus par la loi — fondement pour structurer la contrepartie, y compris une composante conditionnelle, par contrat.
  • DOC article 231 : tout engagement doit être exécuté de bonne foi et oblige non seulement à ce qui y est exprimé mais à toutes les suites que la loi, l'usage ou l'équité donnent à l'obligation d'après sa nature — soutient l'exécution honnête de l'earn-out convenu, non un devoir de maximiser le résultat du vendeur.
  • DOC article 112 : l'obligation est nulle lorsque l'existence même du lien dépend de la nue volonté de l'obligé (condition purement potestative) — la raison pour laquelle un paiement conditionnel doit reposer sur une performance objective plutôt que d'être laissé au libre choix de l'acquéreur. Le contrôle ordinaire de l'activité après le closing n'est pas, en lui-même, une telle condition.
  • DOC article 487 : le prix de la vente doit être déterminé ; sa détermination ne peut être rapportée à un tiers, ni l'achat se faire au prix payé par un tiers, à moins que le prix ne fût connu des parties, une mesure objective externe étant admise — fondement pour traiter l'earn-out comme un prix déterminable et pour la mise en garde selon laquelle un expert applique une méthode convenue plutôt que de fixer librement le prix. Ce n'est pas la règle du Code civil français et ne doit pas y être assimilé.
  • DOC article 488 : la vente est parfaite dès l'accord des parties sur la chose, le prix et les autres clauses — confirmant que le prix est un élément essentiel qu'une formule déterminable peut satisfaire ; il ne réglemente pas lui-même les earn-out.
  • Droit des sociétés marocain (loi 5-96 sur la SARL et loi 17-95 sur la SA) pour le seul arrière-plan du transfert ; les titres se transfèrent selon l'accord tandis que l'earn-out régit une partie de la contrepartie. La doctrine détaillée du transfert/effectivité relève du guide du contrat de cession.
  • Code général des impôts : le calendrier et la qualification d'une contrepartie conditionnelle peuvent emporter des conséquences d'enregistrement et fiscales, y compris lorsqu'un paiement à un vendeur-dirigeant s'analyse en prix ou en revenu de service. Aucun taux ni calcul n'est énoncé ici ; les règles fiscales évoluent avec les lois de finances successives et exigent un conseil fiscal actualisé et propre à l'opération.
  • Référentiels comptables (IFRS 3 / IFRS 13 au niveau groupe ; le CGNC marocain le cas échéant) : ils reconnaissent et mesurent la contrepartie conditionnelle à des fins d'information financière ; c'est un traitement comptable qui ne détermine ni la formule contractuelle, ni la validité du prix, ni la qualification juridique. Utilisés ici pour les seules propositions comptables.
  • Les publications de pratique M&A et comptable internationales ne sont utilisées que pour décrire la mécanique et la terminologie de marché des earn-out — indicateurs, engagements, rédaction anti-manipulation et litiges. Ce sont des pratiques comparées, non du droit marocain, et les éléments disponibles ne permettent pas de décrire les earn-out comme couramment utilisés sur le marché marocain en particulier.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un earn-out dans une acquisition au Maroc ?

C'est une partie conditionnelle du prix : une fraction de la contrepartie de la société devient payable au vendeur après le closing, pour un montant ou un droit qui dépend de la performance future de la cible (comme un chiffre d'affaires ou un EBITDA futur) ou d'un événement futur convenu, calculé par une formule sur une période définie. L'acquéreur paie un montant ferme maintenant et un montant conditionnel plus tard si la performance convenue est atteinte. C'est un outil contractuel, non un mécanisme que le droit marocain réglemente spécialement.

Le droit marocain réglemente-t-il spécifiquement les earn-out ?

Non. Il n'existe pas de régime légal autonome de l'earn-out au Maroc. Un earn-out repose sur la liberté contractuelle (article 230 du DOC), lue à l'aune de règles générales — en particulier que le prix doit être déterminé ou déterminable (article 487) et qu'une obligation ne peut dépendre de la nue volonté de celui qui s'oblige (article 112). Ces règles n'interdisent pas les earn-out ; elles façonnent la manière de les rédiger pour qu'ils soient solides.

Une partie du prix peut-elle dépendre de l'EBITDA futur ?

Oui, si elle est structurée comme un prix déterminable. Le contrat doit définir l'indicateur, les règles comptables pour le mesurer, la période et les chiffres de référence, afin que le montant se calcule objectivement une fois les résultats connus — plutôt que d'être laissé à convenir plus tard ou à la discrétion d'une partie. Les earn-out sur EBITDA sont praticables mais particulièrement sources de litiges, car le chiffre dépend des méthodes comptables et de la normalisation, si bien que la définition doit être détaillée. Le droit marocain et les normes comptables ne définissent pas l'EBITDA à votre place.

Un earn-out est-il la même chose qu'un prix différé ?

Non. Le prix différé fixe est un montant déjà arrêté, ou déterminable indépendamment de la performance future, simplement payé plus tard. Un earn-out est réellement conditionnel — le droit ou le montant dépend de résultats ou d'événements futurs et est incertain à la signature. Une opération peut combiner une échéance différée fixe et un earn-out distinct, mais ce sont des notions différentes, et les confondre cause des erreurs de validité et souvent de qualification fiscale.

Un earn-out est-il la même chose que des comptes de réalisation ?

Non. Les comptes de réalisation ajustent le prix par rapport à la situation financière de la cible au closing ou aux alentours — sa trésorerie, sa dette et son besoin en fonds de roulement réels ce jour-là — et règlent une tolérance peu après. Un earn-out fait dépendre une partie de la contrepartie de la performance de l'activité après le closing, sur une période à venir. L'un mesure un instantané de closing ; l'autre mesure une performance future. Les mécaniques du bilan de closing relèvent du guide des mécanismes de prix.

L'acquéreur peut-il changer l'activité de la cible pendant la période d'earn-out ?

En principe oui — après le closing, l'acquéreur possède et gère la société, et le droit marocain n'interdit pas automatiquement les décisions commerciales ordinaires, même celles qui déplacent l'indicateur. C'est précisément pourquoi un vendeur qui veut se protéger doit négocier des engagements : gérer dans le cours normal, ne pas détourner délibérément chiffre d'affaires ou clients, maintenir des méthodes comptables cohérentes, etc. Il n'existe pas de règle par défaut selon laquelle l'acquéreur devrait gérer pour maximiser l'earn-out du vendeur.

Le vendeur peut-il vérifier le calcul de l'earn-out ?

Seulement dans la mesure prévue par le contrat. Il n'existe pas de droit d'information universel et automatique du vendeur ; l'accord devrait accorder un accès défini aux registres financiers, au calcul et aux papiers de travail nécessaires pour vérifier l'earn-out, encadré par une confidentialité et une proportionnalité appropriées. Sans un certain accès, le vendeur ne peut pas contrôler le chiffre, si bien qu'un earn-out bien rédigé le prévoit d'ordinaire — mais son étendue est contractuelle, non présumée.

Qui tranche un désaccord comptable sur l'earn-out ?

Les questions comptables et de calcul — arithmétique, classement, application de la méthodologie convenue — peuvent sensément être soumises à un expert comptable ou financier indépendant, dont la détermination peut être convenue comme définitive sur ces points. Les questions d'une autre nature — le sens d'une définition, la violation d'un engagement par l'acquéreur, l'existence d'un dol — sont des questions juridiques que la clause de litige peut réserver aux tribunaux ou à l'arbitrage. La répartition doit être rédigée, non présumée.

Un expert peut-il déterminer le prix d'acquisition ?

Un expert peut calculer le montant de l'earn-out en appliquant la méthode déjà convenue par les parties — c'est appliquer une base objective, conforme à l'article 487. Ce que le droit marocain ne soutient pas, c'est de traiter l'expert comme libre de décider quel doit être le prix, ou comme doté d'une autorité illimitée qui écarte automatiquement le contrôle judiciaire. Ce n'est pas la règle française qui laisse un tiers fixer le prix. L'expert opère dans le cadre de la méthodologie convenue ; le prix n'est pas remis à sa discrétion.

Des réclamations de garantie peuvent-elles être déduites d'un earn-out ?

Pas automatiquement. La possibilité pour l'acquéreur de retenir ou de compenser une réclamation avec un earn-out dépend du contrat, de la nature et du statut de la créance (une créance contestée n'est pas une créance établie), et des règles marocaines applicables, selon lesquelles la compensation suppose en général des dettes réciproques, liquides et exigibles. L'acquéreur ne peut pas simplement présumer qu'il peut retenir l'earn-out pour toute réclamation invoquée ; l'accord devrait traiter la compensation expressément. L'architecture de la créance elle-même relève du guide de la garantie (GAP).

Que se passe-t-il si le vendeur reste dirigeant après le closing ?

Alors la qualification du paiement appelle de la prudence. Une somme intitulée earn-out est, en principe, un prix d'acquisition des titres ; mais si elle est conditionnée au maintien en fonctions, perdue en cas de départ, ou dimensionnée par le rôle du vendeur plutôt que par les titres cédés, elle peut s'analyser en rémunération de ce service, avec des conséquences juridiques, fiscales et comptables différentes. Il est erroné de dire que tous ces paiements sont automatiquement un salaire, ou automatiquement un prix — cela dépend de la structuration, et peut appeler une analyse distincte.

Que se passe-t-il si l'acquéreur revend la cible avant la fin de l'earn-out ?

Cela dépend de ce que dit l'accord, car le droit marocain ne fournit aucun défaut. Les contrats traitent une revente, un transfert, une fusion, une restructuration ou une fermeture pendant la période de diverses façons — accélérer l'earn-out, le réputer atteint en tout ou partie, exiger d'un successeur qu'il le poursuive, prévoir un recalcul, ou prévoir que l'événement ne déclenche aucun ajustement. Chacune est un choix négocié, et c'est l'un des événements qu'un earn-out devrait traiter à l'avance plutôt que de le laisser à la discussion.

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Note : ce site propose des informations juridiques générales et ne remplace pas un avis professionnel fondé sur les documents et les circonstances propres à chaque dossier.